Moins connu que le DCA, la stratégie value averaging présente pourtant de sérieux atouts pour investir en bourse.
Présentée comme une stratégie plus intelligente, elle promet une meilleure adaptation aux fluctuations des marchés et un contrôle accru du risque. Mais est-elle réellement supérieure au DCA traditionnel ? Plus performante ? Plus contraignante ?
Dans cet article, je vous explique en détail la stratégie value averaging, ses différences avec le DCA, ses avantages, ses limites, et les classes d’actifs sur lesquelles elle s’avère pertinente.
Value averaging : définition
Le value averaging est, comme le DCA, une stratégie d’investissement progressif. En revanche, contrairement au DCA (Dollar Cost Averaging), où l’investisseur verse un montant fixe à intervalles réguliers, le value averaging ajuste les montants investis en fonction de la performance du portefeuille.
Concrètement, l’investisseur définit un objectif de croissance (par exemple +500 € par mois).
- Si la valeur du portefeuille a baissé de 100€, il investit 600.
- Si le portefeuille a, au contraire, progressé de 300€, il investit 200. L’objectif étant de voir son portefeuille augmenter chaque mois de 500€, en cumulant montant investi et performance.
Cette approche permet donc d’acheter davantage lorsque les marchés baissent. Et a contrario de réduire ses investissements lorsque les marchés sont hauts. Le tout, en s’appuyant sur une logique mathématique plutôt qu’émotionnelle.
Le value averaging permet donc de profiter davantage des baisses et d’éviter d’acheter trop lorsque le marché est possiblement trop haut.
Les différences entre value averaging et DCA
La principale différence entre le DCA et le value averaging réside dans la manière dont les montants investis sont déterminés.
Avec le DCA, l’investissement est constant : même somme, même fréquence, sans tenir compte des conditions de marché. Cette simplicité en fait une stratégie très simple à tenir dans la durée.
À l’inverse, le value averaging repose sur une gestion plus active. Les montants varient selon l’évolution du portefeuille par rapport à une trajectoire cible. Cela implique un suivi régulier, et des calculs.
Autre distinction importante : le DCA lisse le prix d’achat dans le temps, tandis que le value averaging cherche à optimiser le timing d’investissement.
Les avantages du value averaging
Premier avantage : mieux profiter des cycles de marché. La stratégie incite mécaniquement à investir davantage lorsque les marchés sont en baisse, et à réduire ses versements en période de hausse.
Cela permet d’optimiser le prix moyen d’achat, et donc la performance à long terme.
Deuxième atout : un meilleur contrôle du risque. En limitant l’exposition lorsque les marchés sont (trop) chers. Une approche particulièrement intéressante dans un contexte de forte volatilité, ou de marchés surévalués.
Enfin, le value averaging permet de mieux « timer le marché » que le DCA. Sans pour autant subir des biais émotionnels, souvent responsables de mauvaises décisions pour les investisseurs.
Les inconvénients de cette stratégie d’investissement
Malgré ses atouts, le value averaging présente plusieurs limites importantes. La première est sa complexité. Cette stratégie nécessite un suivi fréquent du portefeuille, et des calculs réguliers. Ce qui la rend moins accessible aux investisseurs débutants.
Deuxième inconvénient majeur : l’irrégularité de l’investissement. Contrairement au DCA qui permet d’investir une somme d’argent fixe chaque mois, le value averaging implique des variations (parfois importantes) des montants à investir. Pas forcément idéal, surtout si votre capacité d’épargne est limitée…
Sur quelles classes d’actifs appliquer cette stratégie ?
Le value averaging est particulièrement adapté aux actifs volatils, où les fluctuations de prix offrent des opportunités. Les ETF, notamment sur indices larges comme le MSCI World ou le S&P 500, sont les supports à privilégier pour cette stratégie.
Le Bitcoin et autres cryptomonnaies, sont également adaptées au value averaging, en raison de leur volatilité élevée. Attention en revanche, le niveau de risque est plus important. Cette classe d’actif doit représenter une part très limitée de votre patrimoine (on recommande généralement 5% maximum).
En revanche, le value averaging est moins pertinent pour les actifs peu liquides ou peu volatils, comme les SCPI ou l’immobilier direct. Les contraintes de transaction, de délais et de fiscalité rendent l’application de cette stratégie complexe et inadaptée.
Quelle enveloppe d’investissement privilégier ?
Il existe 3 principales enveloppes pour investir en bourse : le PEA (plan d’épargne en actions), le CTO (Compte-titres ordinaire) et l’assurance vie.
Il est possible d’effectuer son value averaging sur les 3. Cepandant, le PEA reste la plus adaptée. Le Compte-titres s’avère en effet moins intéressant fiscalement, surtout si vous réalisez des ventes régulières ou percevez des dividendes.
L’assurance vie peut également parfaitement s’adapter au value averaging. Mais attention à la facilité pour effectuer des versements sur les unités de compte (selon le contrat, l’interface peut être plus complexe à prendre en main que sur un PEA).
En conclusion : le value averaging est-il meilleur que le DCA ?
Le value averaging n’est pas forcément meilleur que le DCA. Tout dépend de vous !
Si vous cherchez la simplicité et la régularité, Le DCA reste la meilleure stratégie. Elle est simple, efficace et plus accessible pour les investisseurs débutants. Elle offre automatisation et tranquillité d’esprit.
En revanche, si vous voulez optimiser votre prix d’achat, quitte à complexifier votre stratégie d’investissement, le value averaging sera plus adapté. Il vous permettra de mieux timer le marché, sans biais émotionnels.
En pratique, le meilleur choix dépend donc de votre profil investisseur, de votre capacité d’épargne et de votre implication dans le suivi de vos investissements boursiers.
Une combinaison des deux approches peut être un bon compromis, mais attention à ne pas vous y perdre ! Pour utiliser cette stratégie sur les bons supports, je vous recommande de lire mon guide complet gratuit sur les ETF
Avertissement : le contenu proposé est de nature éducative et générale. Il ne s’agit pas de conseil en investissement au sens des articles L. 321-1 et D. 321-1 du Code Monétaire et Financier. Et encore moins de conseil personnalisé.
L’investissement comporte des risques de perte. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Matthieu Jeannot, fondateur d’Argent Conseil
Diplômé d’un master en banque et finance, certifié AMF, ancien conseiller bancaire et conseiller en gestion de patrimoine.
Mon objectif est de permettre à chacun d’acquérir les connaissances de bases pour gérer au mieux son argent et exploiter tout le potentiel de ses finances.