Vous avez ouvert un PEA pour investir en bourse, tout en profitant d’une fiscalité avantageuse. Vous avez certainement placé des ETF sur des indices larges comme le MSCI World ou le S&P 500. Mais avez-vous pensé aux marchés émergents ?
Dans cet article, je vous présente les avantages et les inconvénients des ETF sur les marchés émergents. Et je vous partage mon avis personnel sur cette question : Faut-il investir dans un ETF Emerging Markets sur son PEA ?
Rappel du fonctionnement d’un ETF
Un ETF (Exchange Traded Fund) est un fonds d’investissement qui cherche à répliquer la performance d’un indice boursier. On l’appelle aussi « tracker ». Contrairement aux fonds classiques, les frais de gestion sont très bas, souvent inférieurs à 0,3% par an.
En achetant une seule part d’ETF, vous investissez dans des centaines d’entreprises simultanément. C’est donc l’outil idéal pour diversifier votre portefeuille boursier.
Sur un PEA, certains ETF utilisent une technique appelée réplication synthétique (swap). Cela permet d’investir dans des zones géographiques hors Europe, comme les États-Unis ou les pays émergents, tout en conservant les avantages fiscaux de l’enveloppe.
Pourquoi investir dans les pays émergents ?
Les pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Taiwan…) sont la partie du monde où la croissance économique est la plus forte. Ces économies se développent plus rapidement que les pays matures comme la France ou les États-Unis. Leur potentiel de performance en bourse à l’avenir est donc élevé.
Autre avantage : la diversification. En ajoutant des zones géographiques différentes, vous ne dépendez plus uniquement des performances des entreprises occidentales.
C’est aussi un pari sur la démographie, et sur l’émergence d’une nouvelle classe moyenne consommatrice. À long terme, ces pays pourraient représenter une part bien plus importante de la capitalisation boursière mondiale.
Les risques spécifiques des ETF sur les pays émergents
Le potentiel de gain élevé s’accompagne de risques importants. La volatilité est plus forte que sur les marchés développés, en raison d’entreprises plus fragiles : les prix peuvent chuter brutalement. Le risque politique est majeur : des décisions gouvernementales imprévisibles peuvent impacter les entreprises, et l’instabilité politique y est parfois importante.
Il existe aussi un risque de change. Les monnaies locales peuvent se déprécier face à l’euro, ce qui réduit votre performance réelle.
Enfin, la gouvernance des entreprises et la transparence sont moins strictes que dans l’Union Européenne. La réplication de l’indice peut donc être plus difficile, ce qui explique que ces ETF soient parfois en dessous de la performance réelle de l’indice suivi.
Quels sont les ETF Emerging Markets éligibles au PEA ?
Il existe aujourd’hui 4 ETF principaux éligibles au PEA, permettant de s’exposer aux pays émergents.
Nom de l’ETF | Code ISIN | Indice suivi | Frais de gestion |
Amundi PEA Emergents | FR0013412020 | MSCI Emerging Markets ESG | 0,30%/an |
Amundi PEA Asie émergente | FR0013412012 | MSCI EM Asia ESG | 0,30%/an |
Amundi PEA MSCI Latin America | FR0013412004 | MSCI Latin America | 0,30%/an |
Amundi PEA Inde | FR0011869320 | MSCI India | 0,85% |
Quelques observations importantes :
- Les 2 principaux sont ESG, une bonne chose pour l’environnement mais moins pour la performance, car les entreprises énergétiques (souvent polluantes) sont en grande partie exclues de l’indice.
- Les ETF sur l’Amérique latine et l’Inde sont plus risqués car bien moins diversifiés.
- L’ETF sur l’Inde a des frais particulièrement élevés pour un fonds passif
A noter : sur Compte-titres vous pouvez investir dans un ETF emerging markets sans critères ESG (il s’agit du LU1681045370). Il n’est en revanche pas éligible au PEA.
Composition du principal ETF marchés émergents (PEA Emergent)
L’ETF Amundi PEA Emergents (le premier de la liste) est donc l’ETF le plus complet pour s’exposer à cette partie du monde. C’est, en effet, le seul éligible au PEA qui intègre à la fois les pays d’Asie, d’Amérique latine, et d’autres régions (Turquie, Afrique du Sud, Qatar…).
Pour rappel, tous ces pays ne font pas partie du MSCI World, composé uniquement des pays développés.
Voici donc les 10 principaux pays qui composent l’ETF PEA Emergent :
- Chine (24%)
- Taiwan (23%)
- Corée du Sud (18%)
- Inde (11%)
- Afrique du Sud (5%)
- Brésil (4%)
- Malaisie (3%)
- Arabie Saoudite (1,8%)
- Emirats Arabes Unis (1,7%)
- Mexique (1,6%)
A noter : au total, 23 pays sont représentés, dont certains pays européens comme la Grèce ou la Pologne, qui représentent néanmoins une très faible part de l’indice (respectivement 1 et 0,5%). L’ETF compte un peu plus de 1000 entreprises, soit légèrement moins qu’un tracker World (1500).
ETF Monde vs ETF pays émergents : comparaison des performances
Le match entre le MSCI World (pays développés) et le MSCI Emerging Markets montre des cycles très différents. Voici un comparatif simplifié sur différentes durées :
Performance cumulée | Amundi MSCI World | Amundi PEA Emergent |
1 an | 7,8% | 30,8% |
3 ans | 56,7% | 57,9% |
5 ans | 83,2% | 34,4% |
Historiquement l’ETF Monde fait donc bien mieux sur 5 ans, mais récemment celui sur les pays émergents a largement surperformé. Il faut donc retenir que leur performance est relativement décorrélée et qu’ils sont donc complémentaires dans un objectif de diversification de portefeuille.
A noter : le tracker d’Amundi sur les pays émergents est malheureusement trop récent pour avoir des performances sur 10 ou 20 ans.
Mon avis personnel
Personnellement, j’estime que les marchés émergents ont clairement leur place dans une stratégie de construction d’un portefeuille diversifié et performant. Ces pays ont un fort potentiel de croissance, boosté par une croissance démographique importante (ce qui n’est plus du tout le cas dans les pays développés).
Néanmoins, quelques problématiques restent bien présentes : une volatilité plus élevée, une réplication moins efficace que sur les indices européens ou américains, et une sous-performance sur les 5 dernières années.
Les ETF Emerging Markets ont tout de même un fort intérêt en matière de diversification : celui de proposer des entreprises (et des pays) qui ne sont pas présents dans les fonds indiciels souvent choisis par le grand public.
D’autant que d’après mon expérience, et pour avoir analysé plus d’une centaine de portefeuilles d’ETF, beaucoup d’investisseurs pensent diversifier en achetant en réalité plusieurs fois les mêmes entreprises (avec un MSCI World et un S&P 500 par exemple).
En conclusion : faut-il investir dans un ETF Emerging Markets sur son PEA ?
L’investissement dans un ETF pays émergents est une excellente stratégie pour compléter un portefeuille PEA. Cela permet de ne pas « mettre tous ses œufs dans le même panier ». Cependant, ces actifs doivent rester une poche minoritaire, par exemple entre 10% et 15 % de votre allocation boursière.
Si vous cherchez de la stabilité, restez sur un ETF World. Si vous avez un horizon de placement de plus de 10 ans et que vous acceptez les variations de prix, les émergents sont un moteur de performance indispensable. Et surtout, retenez que ces 2 ETF sont parfaitement complémentaires.
A lire aussi : quel ETF monde choisir sur PEA
Avertissement : le contenu proposé est de nature éducative et générale. Il ne s’agit pas de conseil en investissement au sens des articles L. 321-1 et D. 321-1 du Code Monétaire et Financier. Et encore moins de conseil personnalisé.
L’investissement comporte des risques de perte. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Matthieu Jeannot, fondateur d’Argent Conseil
Diplômé d’un master en banque et finance, certifié AMF, ancien conseiller bancaire et conseiller en gestion de patrimoine.
Mon objectif est de permettre à chacun d’acquérir les connaissances de bases pour gérer au mieux son argent et exploiter tout le potentiel de ses finances.